10 signes et symptômes de carence en iode

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L’iode est un minéral essentiel non synthétisé par le corps. Il est utilisé par la glande thyroïde pour produire les hormones thyroïdiennes qui contrôlent la croissance et la réparation des cellules endommagées et qui favorisent le métabolisme sain. Selon les statistiques, environ un tiers de la population mondiale souffre d’une carence en iode. Les personnes les plus touchées par cette carence sont en grande partie :

  • Femmes enceintes.
  • Habitants de certains pays où il y a très peu d’iode dans le sol comme l’Asie du Sud, la Nouvelle-Zélande et certains pays européens.
  • Personnes qui utilisent du sel non iodé.
  • Végétariens ou végétaliens.

D’autre part, aux États-Unis où l’approvisionnement alimentaire est riche en minéraux, on remarque que les cas de carence en iode recensées sont très rares.

Une carence en iode peut entrainer des complications de santé désagréables et même graves. Ils comprennent l’enflure du cou, les problèmes liés à la grossesse, le gain de poids et les difficultés d’apprentissage. Ses symptômes sont très similaires à ceux de l’hypothyroïdie. Voici 10 signes et symptômes d’une carence en iode à ne pas négliger.

1. Enflure du cou

L’enflure à l’avant du cou est le symptôme le plus commun d’une carence en iode. C’est ce qu’on appelle un goître (une augmentation de volume, souvent visible, de la glande thyroïde). Quand le corps manque d’iode, cette glande ne produit pas assez d’hormones thyroïdiennes. Et pour compenser ce manque, elle double d’effort pour augmenter sa production ce qui provoque un goître.

Heureusement, ces cas peuvent être facilement traités en augmentant l’apport quotidien en iode. Cependant, si un goître n’a pas été traité à temps (pendant de nombreuses années par exemple), il pourrait causer des dommages permanents à la glande thyroïde.

2. Gain de poids rapide et inexpliqué

Le gain de poids rapide est un autre signe d’une carence en iode. Il se produit généralement lorsque le corps ne dispose pas d’assez d’iode pour fabriquer des hormones thyroïdiennes. Ce phénomène s’explique par le fait que ces dernières sont responsables de la vitesse du métabolisme basal, c’est-à-dire le processus par lequel le corps convertit la nourriture en énergie et en chaleur. Si le taux de ces hormones est bas, le corps brûle moins de calories et par conséquent elles seront stockées sous forme de graisses. L’ajout de l’iode à votre alimentation peut aider à inverser les effets d’un métabolisme lent.

3. Etat de fatigue et faiblesse

Se sentir fatiguée et faible est également un symptôme commun d’une carence en iode. Une étude [1] a montré que près de 80% des personnes qui souffrent de taux d’hormones thyroïdiennes bas dû à une carence en iode, se sentent fatiguées, léthargiques et faibles. les hormones thyroïdiennes contribuent à la production de l’énergie par le corps. La diminution de leur taux suite à une carence en iode, se répercute négativement sur les réserves d’énergie produites par l’organisme et entraine donc un état de fatigue et de faiblesse.

4. Perte de cheveux

Les hormones thyroïdiennes aident à contrôler la croissance des follicules pileux. Ces derniers cessent de se régénérer si le taux de ces hormones est faible. Ce qui peut conduire par conséquent à une perte de cheveux. Selon une étude [2] menée sur 700 volontaires, 30% des personnes ayant un faible taux d’hormones thyroïdiennes souffraient d’une perte de cheveux. Cependant, une autre étude [3] a montré que de faibles taux d’hormones thyroïdiennes semblent seulement causer une perte de cheveux chez les personnes ayant des antécédents familiaux de perte de cheveux. Si vous souffrez d’une perte de cheveux à cause d’une carence en iode, l’apport suffisant de ce minéral peut aider à corriger les niveaux d’hormones thyroïdiennes et à arrêter la perte de cheveux.

5. Peau sèche et squameuse

Une carence en iode peut entrainer une peau sèche et squameuse. En fait, certaines études ont révélé que jusqu’à 77% des personnes ayant un faible taux d’hormones thyroïdiennes peuvent souffrir d’une peau sèche et squameuse [1]. Les hormones thyroïdiennes aident les cellules de la peau à se régénérer. Par conséquent, si leur taux est faible, cette régénération s’affaiblit à son tour, ce qui peut entraîner une peau sèche et squameuse [4].

De plus, les hormones thyroïdiennes aident le corps à réguler la transpiration qui aide à garder la peau hydratée. Les personnes ayant des taux faibles d’hormones thyroïdiennes ont tendance à transpirer moins que les personnes ayant des taux d’hormones thyroïdiennes normaux [5, 6].

6. Sensation anormale du froid

La carence en iode peut également se traduire par une sensation de froid. En fait, certaines études ont révélé que plus de 80% des personnes ayant un faible taux d’hormones thyroïdiennes peuvent se sentir plus sensibles que la normale aux températures froides [1]. Le taux réduit des hormones thyroïdiennes entraine un ralentissement du métabolisme qui se traduit par une baisse de la thermogenèse et donc de la chaleur corporelle [7, 8].

En outre, les hormones thyroïdiennes aident à stimuler l’activité de votre graisse brune, un type de graisse qui est responsable de la production de chaleur. Cela signifie que les faibles taux d’hormones thyroïdiennes, qui peuvent être causés par une carence en iode, pourraient empêcher la graisse brune de remplir sa tâche [9, 10].

7. Changements de la fréquence cardiaque

La fréquence cardiaque correspond au nombre de battements du cœur par minute. Cette fréquence peut être affectée par les niveaux d’iode dans l’organisme. Une carence en iode pourrait faire battre le cœur plus lentement que d’habitude, alors qu’une présence importante de celui-ci pourrait le faire battre plus vite que d’habitude [11, 12]. Une carence sévère en iode peut entraîner une fréquence cardiaque anormalement lente. Cela pourrait entrainer une sensation de faiblesse, de fatigue et d’étourdissement. A l’extrême, cela pourrait conduire à une perte de conscience [13].

8. Problèmes d’apprentissage et de mémoire

Une carence en iode peut affecter la capacité à apprendre et à souvenir. Une étude menée auprès de plus de 1 000 adultes a révélé que ceux qui avaient des taux d’hormones thyroïdiennes plus élevés obtenaient de meilleurs résultats aux tests d’apprentissage et de mémoire que ceux qui avaient des taux d’hormones thyroïdiennes inférieurs [14].

Les hormones thyroïdiennes aident le cerveau à grandir et à se développer. C’est pourquoi une carence en iode, nécessaire à la production d’hormones thyroïdiennes, peut réduire le développement du cerveau. En fait, des études ont montré que l’hippocampe, la partie du cerveau qui contrôle la mémoire à long terme, semble être plus petit chez les personnes ayant de faibles niveaux d’hormones thyroïdiennes [15].

9. Problèmes pendant la grossesse

Les femmes enceintes présentent un risque élevé de carence en iode. Pendant la grossesse, la mère doit consommer suffisamment d’iode pour répondre à ses propres besoins ainsi qu’à ceux de son bébé. Ces besoins doivent être couverts également pendant la période d’allaitement. Ne pas consommer assez d’iode pendant la grossesse et l’allaitement peut provoquer des effets secondaires chez la mère et le bébé.

Les mères peuvent éprouver des symptômes d’une thyroïde sous-active, comme un goitre, une faiblesse, de la fatigue et une sensation de froid. Une carence en iode chez le nourrisson peut freiner la croissance physique et le développement de son cerveau. En outre, une carence sévère en iode peut augmenter le risque de mortinatalité.

10. La carence en iode peut également perturber vos règles

Des saignements menstruels abondants et irréguliers peuvent survenir à la suite d’une carence en iode. Comme la plupart des symptômes de la carence en iode, cela est également lié à de faibles niveaux d’hormones thyroïdiennes, étant donné que l’iode est nécessaire pour fabriquer des hormones thyroïdiennes. Dans une étude, 68% des femmes ayant un faible taux d’hormones thyroïdiennes ont eu des cycles menstruels irréguliers, contre seulement 12% des femmes en bonne santé [16].

La recherche a également montré que les femmes avec de faibles niveaux d’hormones thyroïdiennes connaissent des cycles menstruels plus fréquents avec des saignements abondants. C’est parce que les hormones thyroïdiennes perturbent les signaux des hormones qui sont impliquées dans le cycle menstruel.

Les solutions naturelles pour remédier à une carence en iode

Il y a très peu de bonnes sources d’iode dans l’alimentation. C’est l’une des raisons pour lesquelles la carence en iode est commune dans le monde entier. La dose journalière recommandée (DJR) est de 150 mcg par jour. Cet apport journalier devrait répondre aux besoins de 97-98% de tous les adultes en bonne santé. Cependant, les femmes enceintes ou qui allaitent ont besoin d’une plus grande quantite. Les femmes enceintes ont besoin de 220 mcg par jour, tandis que les femmes qui allaitent ont besoin de 290 mcg par jour.

Les aliments ci-dessous sont d’excellentes sources d’iode :

  • Algues, une feuille entière séchée – 11-1,989% de la DJR
  • Morue (85 g) – 66% de la DJR
  • 1 Yaourt nature – 50% de la DJR
  • Sel iodé, 1/4 cuillère à café (1,5 g) – 47% de la DJR
  • Crevettes (85 g) – 23% de la DJR
  • 1 grand oeuf – 16% de la DJR
  • Thon en conserve (85 g) – 11% de la DJR
  • 5 Pruneaux séchés – 9% de la DJR

Les algues sont généralement une excellente source d’iode, mais cela dépend de leur provenance. Les algues de certains pays, comme le Japon, sont riches en iode. On trouve également de plus petites quantités de ce minéral dans divers aliments comme le poisson, les crustacés, le bœuf, le poulet, les haricots lima et pinto, le lait et d’autres produits laitiers.

La meilleure façon d’obtenir assez d’iode est d’ajouter du sel iodé à vos repas. Une demi-cuillère à café (3 g) au cours de la journée est suffisante pour éviter une carence. Si vous pensez avoir une carence en iode, il est préférable de consulter votre médecin qui va vérifier les signes de gonflement (un goitre) ou prendre un échantillon d’urine pour vérifier vos niveaux d’iode.

Références :

– 1. Hypothyroidism – new aspects of an old disease I Kostoglou. Athanassiou1 and K Ntalles. Hippokratia. 2010 Apr-Jun; 14(2): 82–87. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2895281/
– 2. Hypothyroid symptoms and the likelihood of overt thyroid failure: a population-based case-control study. Carlé A, Pedersen IB, Knudsen N, Perrild H, Ovesen L, Laurberg P. Eur J Endocrinol. 2014 Nov;171(5):593-602. doi: 10.1530/EJE-14-0481. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25305308
– 3. Thyroid hormone and hair growth. Messenger AG. Br. J Dermatol. 2000 Apr;142(4):633-4. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10792210
– 4. Thyroid hormone action on skin. Joshua D Safer. Dermatoendocrinol. 2011 Jul-Sep; 3(3): 211–215.
Published online 2011 Jul 1. doi: 10.4161/derm.3.3.17027. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3219173/
– 5. Thyroid Hormone and Wound Healing. Joshua D. Safer. J Thyroid Res. 2013; 2013: 124538.
Published online 2013 Mar 20. doi: 10.1155/2013/124538. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3616354/
– 6. Thyroid control of sweat gland function. K.Gibinski, C.Powierza-Kaczynska, J.Zmudzinski, L.Giec, J.Dosiak. Metabolism. Volume 21, Issue 9, September 1972, Pages 843-848. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/0026049572900078
– 7. Analysis of energy metabolism in humans: A review of methodologies. Yan Y.Lam, EricRavussin. Molecular Metabolism. Volume 5, Issue 11, November 2016, Pages 1057-1071. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2212877816301569
– 8. Thyroid Hormone Regulation of Metabolism Rashmi Mullur, Yan-Yun Liu, and Gregory A. Brentcorresponding Physiol Rev. 2014 Apr; 94(2): 355–382.
doi 10.1152/physrev.00030.2013. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4044302/
– 9. The multiple contributions of thyroid hormone to heat production J. Enrique Silva. J Clin Invest. 2001 Jul 1; 108(1): 35–37. doi: 10.1172/JCI13397. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC209345/
– 10. Thyroid hormone control of thermogenesis and energy balance. Silva JE. Thyroid. 1995 Dec;5(6):481-92. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8808101
– 11. Hypothyroidism in the Elderly. Matthew I Kim, M.D. Last Update: March 15, 2017.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK279005/
– 12. Thyroid and the Heart. Ira Martin Grais and James R. Sowers Am J Med. Author manuscript; available in PMC 2015 Aug 1. Published in final edited form as: Am J Med. 2014 Aug; 127(8): 691–698. Published online 2014 Mar 22. doi: 10.1016/j.amjmed.2014.03.009. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4318631/
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– 14. Thyroid Hormones Are Associated With Cognitive Function: Moderation by Sex, Race, and Depressive Symptoms. M. A. Beydoun, H. A. Beydoun, M. H. Kitner-Triolo, J. S. Kaufman, M. K. Evans and A. B. Zonderman. J Clin Endocrinol Metab. 2013 Aug; 98(8): 3470–3481. Published online 2013 May 20. doi: 10.1210/jc.2013-1813. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3733856/
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– 16. Menstrual irregularities and lactation failure may precede thyroid dysfunction or goitre. Joshi JV, Bhandarkar SD, Chadha M, Balaiah D, Shah R. J Postgrad Med. 1993 Jul-Sep;39(3):137-41. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8051643
–  source : 10 Signs and Symptoms of Iodine Deficiency – https://www.healthline.com/nutrition/iodine-deficiency-symptoms

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